La moitié…

20 SA. La moitié. Nous y sommes déjà. Que le temps passe vite, depuis quelque temps… Après des semaines en apnée, jusqu’à l’échographie des 12 SA, j’ai l’impression que le temps passe désormais à toute vitesse. D’autant plus qu’avec un enfant déjà là, j’ai beaucoup moins le temps de me centrer sur cette grossesse, de lire 50 bouquins sur le sujet (pas une fois je n’ai ouvert le Laurence Pernoud pour savoir ce qu’il advenait de Piou-Piou, alors que je le lisais religieusement pour la Merveille). Pourtant, cette grossesse se manifeste plus vite : mon ventre qui s’arrondit bien vite (quand je me regarde dans la glace, j’ai l’impression d’être enceinte de 6 mois. Mais quand je vois des photos, je me rends bien compte qu’il n’est pas si gros ce ventre, tout compte fait… Bref, encore un peu de travail sur mon rapport au corps) ; je sens depuis quelque temps déjà les petits coups du bébé (et quelle magie!), alors que je les avais sentis très tard pour la Merveille ; la fatigue est omniprésente.

Car, comme pour la Merveille, la fatigue est bien là. Si tout se passe comme la première fois, c’est LE symptôme phare de mes grossesses : je suis fa-ti-guée. Mais vraiment. Même la gynécologue de l’hôpital m’a trouvé « bien pâlichone » (je ne vais pas vous mentir, je n’ai JAMAIS le teint doré. Mais là je me transforme en ectoplasme faut-il croire). Certes. Mais pour le moment, en me couchant à 21h30 et en m’octroyant quelques siestes, je m’en sors finalement plutôt bien #vismaviedemamie .

Car surtout, étonnamment, je suis beaucoup plus sereine depuis quelque temps. Sur l’écart d’âge, déjà. Qui me crispait beaucoup au début (en mode « oh mon Dieu, 18 mois c’est si peu, allons nous survivre? ». Je me rends compte que ce sont des problèmes de riches horripilants. Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’angoisser – beaucoup – à ce sujet). Maintenant je me dis que OUI, nous allons nous en sortir. Que c’est une chance pour nos enfants. Que c’est une énorme chance pour nous, ce deuxième petit miracle qui a eu le bon goût de s’installer vite et bien.  Que la vie décide parfois, et que c’est très bien comme ça. Je me suis rarement sentie aussi chanceuse qu’en ce moment, avec mon mari extraordinaire, ma Merveille merveilleuse et si malicieuse, mon ventre qui s’arrondit, mon travail intéressant… (oui je suis en ce moment dans une phase cœur et paillettes, et je me dis qu’il faut en profiter, ce n’est pas si fréquent). Je ne me torture plus avec des centaines de questions pratiques (les 3 étages sans ascenseur pour arriver chez moi avec deux bébés par exemple), je me dis qu’on avisera le moment venu (ou que je me ferai les muscles). Comme on avait fait la première fois d’ailleurs, et on s’en était très bien sortis.

La question du sexe du bébé, qui m’a été posée environ un million de fois (non mais sérieusement, parfois je me demande, mais qu’est ce que ça peut bien leur faire aux gens, pour qu’ils posent la question aussi souvent et surtout aussi TÔT dans la grossesse??), était un petit point de blocage pour moi. Je sais, c’est mal, mais j’avais clairement une préférence. Je pense que c’est un sujet assez tabou, mais que ça arrive quand même très très souvent de se dire que, bon, à choisir, on prendrait plutôt l’un ou l’autre. Scoop : on ne choisit pas. Et depuis quelque temps, ça ne me dérange plus vraiment. Comme si cette préférence, pourtant assez forte au cours des premiers mois de grossesse, avait fini par s’envoler. Peut-être avec l’installation de cette sérénité dont je parlais, une forme de lâcher prise qui m’a fait beaucoup de bien (et sur le lâcher prise, j’ai encore bien des efforts à faire.) Fille ou garçon, je serai vraiment sincèrement heureuse dans les deux cas (ce qui doit toujours être le cas fine, mais je suis désormais sûre de ne pas ressentir une petite pointe de déception « au cas où »). La seule chose que je ne voulais pas, c’est qu’on me donne une indication du sexe sans être sûr à 100 % : BINGO, c’est exactement ce qui s’est passé : lors de ma dernière visite chez la gynécologue, Piou Piou s’est obstiné à serrer les jambes très fort. La médecin a cru voir le sexe à un moment, mais le Piou-Piou peu coopératif a décidé que le doute planerait jusqu’à la prochaine écho – dans deux semaines- et a donc recroisé les jambes presto. J’ai donc à ce stade un « indice », mais rien n’étant sûr, nous nous sommes dits que nous garderions ce secret (qui n’en est peut-être d’ailleurs pas un, puisque que nous pourrions bien avoir une surprise dans deux semaines!).

Bref, le temps est doux. J’apprécie (enfin) ma chance extraordinaire. J’espère que la seconde moitié de cette grossesse continuera sur le même fil.

Et je n’oublie pas. Celles qui se battent. Celles qui galèrent. Celles à qui la vie ne fait pas d’aussi jolis cadeaux. Je vous souhaite du plus profond de mon cœur de trouver l’apaisement,  et de réaliser vos projets (liés ou non à la maternité).