En vrac…

Mettons ça sur le dos de la fatigue, je suis incapable de penser à faire un texte bien joli bien construit… Ce seront donc des nouvelles en vrac :

  • J’ai commencé à annoncer ma grossesse. J’ai été assez surprise des réactions des gens, qui étaient tous ravis pour moi, et n’ont (presque) pas fait de remarques sur le fait que mes enfants seront très rapprochés. Enfin, on m’a quand même demandé une fois si « c’était un accident »… J’ai dégainé mon plus beau sourire, et ai expliqué que non, c’était totalement voulu. On est fifous, et surtout, ça ne regarde personne à part nous… Par ailleurs, je redoutais un peu de l’annoncer à mon travail (bon en même temps, c’est leur job de « faire avec »), sachant que 1) j’étais déjà en congé maternité il n’y a pas si longtemps, 2) une autre collègue de mon équipe est également enceinte, et notre départ à toutes les deux va poser de vrais problèmes d’organisation. Mais là encore, tout le monde a très bien réagi. Ma big boss m’a dit en souriant que c’était son boulot de gérer ce genre de situation. C’est vrai, mais ça fait du bien que ce soit eux qui nous le disent. N’étant en revanche pas partisane de crier la nouvelle sur les toits, je ne l’ai donc pas annoncé en fanfare au bureau, mais me suis faite totalement grillée au cours d’un pot de départ, mon verre de jus de fruit à la main « Ben quoi, t’es enceinte?? ». Je suis devenue toute rouge. Et j’ai dit… »euh…oui… ». Situation un peu bizarre (j’ai même hésité à dire « euh…non… », mais je me suis demandé pourquoi, je n’ai pas de raison de le cacher non plus!… tout cela en l’espace d’une demi-seconde)
  • Les RALC elles aussi ont commencé. La meilleure venant de mon amie médecin : « Tu vois, quand tu ne stresses pas, ça marche direct. Vu comme tu es angoissée, ça ne m’étonne pas que ça ait pris du temps pour la Merveille ». Et donc les OPK, je les ai inventés??? Franchement, j’ai trouvé cette remarque navrante, surtout venant d’un médecin à qui j’avais parlé de ma situation. Mais bon… j’avoue que ça me passe un peu par dessus (les circonstances étant ce qu’elles sont actuellement. Je ne l’aurais pas pris avec tant de philosophie il y a quelques mois.
  • Mon ventre est sorti d’un coup, d’un seul. Vendredi on ne voyait rien du tout, et ce lundi, impossible de le cacher sans des vêtements amples. Et malheureusement, mon rapport au corps ne semble pas avoir changé quant aux modifications de la grossesse : je n’aime pas ça. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aimerais cacher ce petit ventre encore un peu. Que ça reste notre petit secret et puis voilà.
  • Mais côté positif, j’avais oublié à quel point les femmes enceintes sont chouchoutées : ce midi au restaurant, j’ai demandé à changer un élément de l’entrée (du jambon fumé) pour cause de grossesse. J’ai eu droit à ma petite entrée spéciale à moi, et à toutes les attentions de la serveuse. Et moi, j’aime bien me faire chouchouter. Voilà.
  • Nous avons effectué un nouveau contrôle pour le CMV, histoire d’être sûrs que cette histoire n’est plus qu’un mauvais souvenir. (En gros, il fallait que les IgG, qui sont les anticorps « à long terme » restent négatifs, ce qui prouve que je n’ai pas attrapé le virus), Les résultats sont tombés : c’était bien un faux positif. Soulagement intense, surtout que dans mon entourage je connais quelqu’un qui, enceinte, l’a vraiment attrapé, et qui vit une grossesse sous très haute surveillance et vraiment stressante.
  • Nous avons trouvé un surnom au bébé : c’est Piou-piou. C’est culcul, c’est mignon, nous sommes fans!

Le problème du surnom

Ce mercredi, nous sommes allés faire l’échographie des 12 SA. Le Graal, celui qui te permet de te dire que tu as passé le délai fatidique, que tu peux commencer à souffler et à parler de ce secret que tu gardes depuis deux mois bien caché.

Nous avions rendez-vous à 14 heures à l’hôpital dans lequel je me suis inscrite pour ce petit bébé, le même que pour la Merveille. Le mail de convocation disait de se présenter 30 minutes avant pour l’enregistrement. J’ai bêtement respecté ce délai, alors que JE SAIS, pour avoir été suivie pour ma grossesse pour la Merveille là-bas, que ça ne sert à rien, qu’ils sont toujours en retard de toute façon. A 13h40, nous étions déjà dans la salle d’attente. Puis vient 14h. A 14h10, l’échographe vient chercher le couple devant nous, dont la femme a un très très gros ventre. Bon. Jusqu’ici, je ne stressais pas trop, mais là, je commence sérieusement à cogiter. Je parle nerveusement à mon mari de tout et de rien, de recettes que j’ai glanées sur Internet pour satisfaire mon obsession de cette grossesse : LES PÂTES. Mais je n’en mène pas large. Vraiment pas.

On vient enfin nous chercher vers 14h30. L’échographe me dit « ah mais nous nous sommes vues récemment » (c’était elle qui avait fait les échos T2 et T3 pour la Merveille). Je vois qu’elle hausse un peu le sourcil en calculant que cet enfant sera assez rapproché, mais elle ne fait pas de commentaire (En même temps nous sommes bien d’accords, je me contrefiche de son avis!). Elle me fait un blabla un peu sommaire sur le tri-test (alors oui, nous avons eu un enfant il n’y a pas si longtemps, mais j’aurais bien aimé qu’elle soit plus précise, même si je sais à peu près ce qu’il y a à savoir sur le sujet (surtout que la fameuse prise de sang DPNI est désormais remboursée quand ils estiment qu’il existe un risque intermédiaire)).

Et puis nous passons sur la table d’examen. Là, vraiment, je n’en mène pas large du tout. Quand elle pose la sonde sur mon ventre, j’ai deux secondes de panique : « Mais on ne voit…RIEN ». Puis il apparaît. En position verticale, le petit coquin. On entend son petit cœur qui bat. Je respire. L’échographe commence son examen… Chaque pause est une torture (mais pourquoi se tait-elle? Il y a un problème???). Comme sa grande sœur, ce petit bébé n’est pas un grand coopératif. (Et le plaisir de finir l’échographie en endovaginal…). Mais tout va bien. La clarté nucale est fine, le reste est comme il devrait être. Le soulagement est immense…

De retour devant son bureau, elle calcule la date de conception : 31 octobre, soit 5 jours avant la première estimation. Je fronce les sourcils : hum, Docteur, euh…non… (Déjà, de où j’ai des cycles où j’ovule à J12? Surtout, techniquement, ce n’est pas possible. Et puis pour des raisons administrativo-administratives sur le calcul du congé maternité, ça ne m’arrange pas du tout : je préfère gratter quelques jours en plus une fois le bébé né plutôt qu’avant.) Mais elle n’en démord pas, et remplit la déclaration de grossesse en ce sens. Grrr. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me contrarie beaucoup. (Ma mission du jour est donc de convaincre ma gynéco de ville de me faire une autre déclaration de grossesse et de me noter une date de conception un peu plus « sympa ». Niark niark).

Avec tout ça, je ne vous ai pas expliqué le problème du surnom : nous avons appelé la Merveille « Couscous » jusqu’à l’écho T2 où nous avons connu le sexe. Parce qu’au tout début, quand mon mari se penchait sur mon ventre pour lui dire de s’accrocher, je lui avais fait la remarque « tu sais, ce bébé a la taille d’un grain de couscous pour le moment ». Le surnom était resté, et nous on trouvait ça super mignon.

Avec cette deuxième grossesse, nous avons appris que j’étais enceinte dans des circonstances quelque peu rocambolesques (rappelons que j’étais allée chez mon médecin pour une gastro, et que j’étais ressortie avec une prise de sang BCHG). On s’est dits qu’il fallait lui trouver un surnom, à ce petit être encore plus minuscule que notre Couscous (j’ai appris ma grossesse très tôt du coup, avant même un retard de règles). J’avais dit en rigolant à mon mari « Microbe ». Au vu des circonstances, c’était assez approprié, on trouvait ça drôle.

Et puis fin novembre, nous avons eu une grosse frayeur : on pensait que j’avais attrapé le CMV. Le surnom ne nous paraissait plus drôle du tout. S’en sont suivis 15 jours affreux de stress.  Finalement tout va bien, mais disons que le surnom reste toujours un peu inapproprié depuis. Mais nous n’en avons pas trouvé d’autre. Un truc mignon et rigolo, pas trop gnangnan… Mon mari m’a suggéré « Pil-Pil » (rapport au Couscous), mais je trouve ça quand même moins bien.

Mais bon, on a pas de surnom, mais un petit bébé miracle au creux de mon ventre. C’est déjà pas mal.

 

 

Les paradoxes

Comme tout le monde, j’en ai plein.

Il y en a toutefois un que je n’avais pas vu venir.

Je me rappelle de ces filles qui « tombaient enceinte du premier coup » et qui s’en plaignaient autour de moi. « C’est allé trop vite », « je n’étais pas prête »… Je grinçais des dents/les insultais intérieurement/me retenais de les étrangler. Comment pouvaient-elles ne pas apprécier leur chance?? Si elles savaient… La souffrance de l’attente, la peur de ne jamais devenir mère, les rendez-vous médicaux où on a l’impression que rien n’avance, les rendez-vous où on cherche, ceux où on trouve, ceux où on ne sait plus si c’est une bonne nouvelle d’avoir trouvé ou non… Je trouvais la vie profondément injuste, je leur en voulais de ne pas réaliser leur chance.

Il y a aussi cette copine qui ne s’en plaignait pas, mais qui en parlait tout le temps… « tu sais pour A, ça a marché tout de suite, alors je ne peux pas comprendre ce que c’est d’attendre. » Vraiment, elle insistait. Pas méchamment, mais j’avais quand même envie de lui dire que c’est bon, on avait compris qu’elle était très fertile, merci bien. Elle est d’ailleurs enceinte de son deuxième, et, devinez quoi… « Oui, ça a encore marché du premier coup. Je sais, c’est dégueulasse ». Et boum, prends toi ça dans la face. Elle s’adresse à moi, elle sait très bien que nous avons mis du temps avant de concevoir la Merveille… Sur le coup, sa remarque m’a fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre.

Bref, JAMAIS je n’aurais pensé me retrouver dans la situation d’une « C1 ». Sincèrement. J’ai bien vu qu’après l’accouchement, des cycles normaux étaient revenus, mais ma gynécologue m’avait bien dit que ça ne voulait pas forcément dire que c’en était fini avec les ovaires polykistiques, et que d’ailleurs « il y a encore du monde là dedans » (c’est à dire que mes ovaires sont remplis de follicules qui n’arrivent pas forcément à maturation. Et s’ils le font, ça ne veut pas dire que l’ovulation est de qualité). Nous espérions forcément qu’un bébé s’installerait plus vite que la Merveille, mais je me disais qu’au mieux, avec miracle, invocations vaudoues, et coup de chance inouï, on pouvait compter sur au minimum trois cycles avant de voir un + apparaître… D’où des essais tôt après la naissance de la Merveille. Je me disais qu’un écart de deux ans, c’était pas mal, un peu plus, un peu moins…

Et puis. La vie. Qui ne nous laisse rien prévoir, rien anticiper. Je ne serai bien-sûr rassurée sur cette grossesse qu’après l’échographie du premier trimestre, mais, pour le moment, on peut dire que je suis une C1. Et d’un coup, j’ai compris. J’ai ressenti moi aussi ces sentiments de « oulala, mais je n’avais pas prévu ça comme ça. C’est rapide. Très rapide. (Trop rapide?) ». J’ai paniqué… Comment gérer deux enfants de 18 mois d’écart? Allons-nous y arriver? Je me pose d’ailleurs encore la question. J’ai calculé : c’est prévu pour début août. Alors OUI, je sais que le luxe de choisir le mois de naissance, c’est n’importe quoi, mais je m’étais toujours dit que les « pires » (entendons-nous bien, mieux vaut naître dans tous les cas) mois de naissance, ce sont janvier et juillet-août. Bingo. Et il y a les calculs beaucoup plus terre à terre : financièrement, est-ce que ça ne va pas trop être galère? Allons-nous tous tenir dans notre appartement parisien? (des questions que j’aurais pu me poser avant, certes).

J’ai aussi peur du jugement des gens, même si je sais très bien que je ne devrais pas. Un écart de deux ans est socialement acceptable. Un écart de 18 mois, tout le monde se demande si c’est « un accident », y va de son petit « oh mes pauvres, ça va être galère ». Je ne suis pas confrontée pour le moment à ce genre de remarques, mais je sais que dès que la grossesse sera officielle, chacun ira de son petit commentaire.

Je suis bien sûr, aussi, très heureuse. De porter la vie à nouveau. De pouvoir passer à autre chose, alors que je n’arrivais pas à faire le deuil de ma fertilité (j’avais très très peur de ne pas arriver à tomber enceinte pour un deuxième, alors que la première grossesse me paraissait déjà miraculeuse). De me dire que mes enfants pourront avoir une complicité immense en raison de leurs âges rapprochés. De me dire que j’ai une chance extraordinaire.

Mais les autres émotions, que je ne peux m’empêcher de ressentir, parce que je suis simplement humaine, restent quand même en toile de fond.

Je me dis que je suis devenue la pét***** d’autres, voire la grosse pét**** (genre la meuf infertile qui a DEUX grossesses miracle.) Je l’aurais détestée direct.

Pétrie de paradoxes, en v’la un de plus donc.

Les fêtes

Je n’aurais jamais pensé être dans cette situation, pour moult raisons, mais j’ai passé mon deuxième Noël enceinte d’affilée cette année. Mais alors qu’en 2017, j’étais enceinte jusqu’au cou et que je trimbalais mon ventre de baleine ostensiblement, cette année il a fallu la jouer fine… alors que les fêtes sont minées de pièges à femme enceinte.

Je crois que je m’en suis plutôt bien tirée. Bon, il faut avouer que je ne suis pas hyper stressée niveau alimentation.Ce sujet étant ultra sensible, je précise que ces propos n’engagent absolument que moi, que je ne suis pas totalement inconsciente et me suis donc renseignée sur le sujet auprès de médecins, et que, finalement, ce sont MES choix, je suis assez grande pour les assumer.

Je sais qu’il y a débat sur le foie gras, mais pour moi, s’il a été cuit et stérilisé, j’estime que c’est ok. A moi donc les toasts de foie gras au pain d’épice! (par contre, j’ai passé sur le mi-cuit proposé chez ma mère… qui a lourdement insisté « oui, elle ne peut pas en manger »… bref, grâce à sa discrétion légendaire, mon frère -enfin, sa femme- a fini par comprendre).

Je me suis accordée une gorgée de champagne à Noël, et même une petite coupe au nouvel an (pas taper hein! j’ai parlé avec mon père médecin de la question, il m’a expliqué que les consignes très strictes sur l’alcool, c’est parce que toutes les femmes n’ont pas la même notion de ce qu’est « un peu d’alcool » – ce que, entre nous, je trouve hyper paternaliste de la part du monde médical- Cette information m’a également été confirmée par mon endocrinologue, qui m’a assurée qu’un demi-verre de vin toutes les 2 semaines n’avait aucun impact. Je précise que je suis bien loin de m’accorder ces quantités d’alcool!) .

Pour le reste, adieu le saumon fumé (snif), les charcuts et fromages qui puent (alors que Dieu sait que je voue un culte au Saint Nectaire et au fromages bleus en général)… Comme chez mon beau-père, le repas est servi sous forme de buffet, c’était assez facile d’esquiver les pièges. En revanche, chez ma mère (toujours), dur de zapper le dîner au super saumon fumé rapporté par mon frère… Étant donné qu’il avait déjà compris, j’ai pu discrètement me bourrer de blinis au tzatziki et refiler discrètement les tranches de saumon à mon mari.

Ce que je redoutais le plus était finalement le réveillon du nouvel an… Et finalement, je ne pense ne pas trop m’être fait griller! Une femme enceinte « officielle » était parmi nous, le repas était donc prévu « femme enceinte compatible » (du saumon fumé, oui, mais de chez Picard : la surgélation industrielle, plus froide que la simple congélation maison, permet de tuer les bactéries responsables de la listériose et de la toxoplasmose, du fromage au lait pasteurisé, un dessert sans œufs crus). Tout ça et ma petite coupe de champagne (toujours pas taper hein, je parle de la même que tout à l’heure!) ont permis de faire illusion. Certains doivent peut-être se douter de quelque chose, mais ainsi que le dit mon mari, on a l’avantage de la rapidité, les gens doivent se dire que je ne dois pas être enceinte SI tôt après la Merveille.

Bref, j’ai survécu aux fêtes, sans que notre petit secret ne soit (trop) révélé (je vous rappelle que mon frère et sa femme ont compris). Bientôt l’écho du premier trimestre… J’avoue que j’ai hâte et que j’appréhende un peu (cette histoire de menace de CMV reste encore présente. Je sais que la menace est écartée pour les médecins …et si l’écho révélait une anomalie quand même?…)