Ne pas y croire.

Infertile. Ce mot a été posé en août 2016. Ou plutôt « ovaires polykystiques ». Des mots, si laids, que l’échographe a refusé de m’expliquer « Vous demanderez à votre gynécologue »… Sans réponse, j’ai bien-sûr fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : je me suis jetée sur Internet pour trouver la signification de ce diagnostic. Et j’ai pleuré. J’ai compris que ça allait être compliqué. Enfin, potentiellement compliqué.

Compliqué, est ce que ça l’a été? Tout dépend du point de vue. Un an d’attente, et finalement tomber enceinte juste avant que les stimulations ovariennes ne soient mises en place, ce n’était en réalité pas si compliqué . Mais c’était dur, quand même, d’avoir perdu la légèreté de la femme qui espère tomber enceinte et qui se dit que ça peut arriver à tout moment. J’avais peur, si peur, que ça n’arrive jamais.

Un « traumatisme » qui est resté. J’étais un peu immunisée pendant ma propre grossesse, mais ensuite, les annonces de grossesse ont recommencé à me faire mal, à toucher cette corde si sensible. Je n’avais pas fait le deuil de ma fertilité : au fond de moi, je le savais : non ce ne serait pas facile pour nous. Je trouvais ça tellement injuste.

Et puis. Il y a eu cette décision, de commencer les essais pour un deuxième enfant aux 9 mois de la Merveille, afin de nous donner le temps, en espérant que l’attente serait moins angoissante si nous prenions les devants. Nous avons bien-sûr pensé à l’éventualité que « ça marche du premier coup ». 18 mois d’écart, c’est peu, mais c’est un risque que nous étions prêts à prendre. Mais au fond de nous nous n’y croyions pas du tout.

Mercredi soir, blottie dans mon canapé à regarder une série devant Netflix, j’avais presque oublié la prise de sang que ma généraliste m’avait dit de faire le matin même, alors que j’allais la voir pour une gastro. Je la trouvais bien mignonne de croire à une potentielle grossesse. Mais bon, ne rêvons pas Madame, que ça marche du premier coup, ce serait quand même fort de café. Passé 19h, je me suis dit que les résultats seraient ne seraient pas disponibles avant le lendemain, et je suis passée à autre chose (j’étais de toute façon sûre que ce serait négatif, alors bon…) Et puis j’ai reçu ce mail, à 21 h, me disant que les résultats étaient disponibles. Moi mari et moi nous sommes regardés : « allez, on regarde, comme ça on passe à autre chose ». Sauf que ce n’était pas négatif.  49,1. Un tout petit taux, mais étant donné l’avancée de mon cycle, c’était cohérent. Nous étions sidérés, aussi bien lui que moi. « Tu crois que c’est vrai? » a-t-il fini par me demander… Je n’en savais rien. Je n’avais même pas de retard de règles, c’est bien tôt pour apprendre une grossesse…

Depuis, c’est l’apnée. Le taux est passé à 166,9 vendredi. Puis à 471,7 lundi. (je ne vous parle pas des tests pipi, qui montrent bien deux barres). Belle évolution du taux entre mercredi et vendredi. Mais est-elle suffisante entre vendredi et lundi (ça va moins vite, c’est grave?)? Je n’en sais rien, il me semble que si, c’est suffisant, mais je ne suis pas experte. Et puis j’ai si peu de symptômes. (Je n’en ai quasiment pas eu pour la Merveille, mais ça ne me rassure pas pour autant.). Et surtout, je n’y crois pas. Pas vraiment. Est-ce bien moi à qui tout cela arrive?

Je sais que le chemin est encore long, que rien n’est gagné. Mais il faut bien un début à tout, et là nous sommes au début de quelque chose. Même si je n’arrive pas à le réaliser.

Pour le moment, je suis enceinte. Et j’ai du mal à y croire.

 

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