Montagnes russes.

Le 14 novembre, j’ai cligné des yeux plusieurs fois sur mon écran. J’étais enceinte. Pas beaucoup, mais je l’étais.

Je suis retournée faire des prises de sang. Trop. Plusieurs médecins m’ont dit que c’était plus générateur de stress qu’autre chose, que ça ne servait à rien. Lundi dernier, le 19 novembre, le taux BHCG était à 471. J’y suis retournée vendredi, pour ce fameux bilan de début de grossesse. Et donc, le 23 novembre, on m’a annoncé au téléphone que le taux était à 1132. Il n’avait pas doublé toutes les 48h. Ni toutes les 72 heures d’ailleurs. J’ai pleuré, je m’en suis voulu d’y avoir cru.

Hier matin, je suis retournée au laboratoire. Je voulais avoir la confirmation que cette histoire se finissait. Le taux de 1132 m’ayant été communiqué oralement, j’ai demandé à ce qu’on me le répète, avec l’espoir fou que j’avais mal entendu, qu’il s’agissait en réalité de 2132. Bien-sûr, j’avais bien entendu la première fois. La secrétaire m’a toutefois imprimé les résultats de mes examens de vendredi disponibles pour le moment, pour que je puisse en prendre connaissance. Dans la foulée, je suis allée faire cette dernière prise de sang BCHG. La dernière, quels que soient les résultats, je me suis dit qu’il fallait arrêter, maintenant.

En attendant que les résultats tombent, j’ai regardé le reste du bilan de vendredi. Vite, la première fois, il n’y avait rien à signaler. Puis, plus calmement, j’ai réépluché le compte rendu. Et là, la bonne blague : Cytomégalovirus – sérologie IgG/IgM : IgM positif. Pas de beaucoup. Mais au-dessus du seuil. Le compte-rendu indique que ce « profil sérologique » peut correspondre à plusieurs situation : une phase précoce de primo infection au CMV ; ou une fausse réaction positive pour les IgM due à une interférence. Des examens complémentaires sont en cours. Pour dire quoi? Je n’en sais trop rien.

Dans l’après-midi, je reçois les résultats de la prise de sang de hier matin, le 26 novembre : 3799,2.

Je suis toujours enceinte. Le taux a doublé cette fois-ci (Je n’y comprends pas grand chose : ça veut dire quoi, un taux qui ralentit, puis reprend du poil de la bête? Finalement tout va bien?). Mais j’ai peut-être contracté le CMV. Ou peut-être pas, car en cas d’infection, les IgG aussi doivent être positifs, ce qui n’est pas le cas. Donc soit je viens tout juste de l’attraper, et c’est bien ma veine. Soit non, c’est un faux positif, et tout va bien.

Dans tout ça, je ne sais pas s’il faut me réjouir, pleurer, ne rien faire. (J’ai choisi l’option 3 : je suis trop sidérée par ces rebondissements dont je me serais bien passée.)

J’attends. Apparemment, c’est la seule chose à faire. Attendre une échographie, pour voir si finalement l’embryon s’accroche bien, si je peux m’autoriser à y (re)croire. Attendre une nouvelle prise de sang, pour savoir ce que signifient ces résultats qui ne veulent rien dire. En croisant les doigts pour que ce ne soit pas ce fichu CMV.

Le temps va me paraître bien long.

Y avoir cru.

Hier soir, enfin, je me suis autorisée à y croire. Je me disais que 18 mois c’était un bel écart d’âge. Qu’il fallait accueillir ce petit miracle. Que tout irait bien,

Ce matin, c’est presque confiante que je suis allée faire ma prise de sang. La dernière avant le rendez-vous chez le gynéco. Une prise de sang « bilan début de grossesse », avec tout plein d’analyses. La secrétaire m’a annoncé que les résultats seraient disponibles en début de semaine prochaine, mais que je pouvais téléphoner pour avoir les résultats du BHCG dans l’après midi.

Vers 16 heures, je saisis mon téléphone et je compose le numéro du laboratoire. J’ai du les rappeler deux fois, car l’attente étant trop longue, ça raccrochait automatiquement. Finalement quelqu’un me répond. Je communique mes identifiants, et la secrétaire m’annonce, guillerette : 1132. Oh. Elle me précise « c’est positif ». Je n’ai pas osé dire que oui, mais pas assez. Mon taux a doublé en quatre jours alors qu’il aurait dû quadrupler.

Les carottes sont cuites mon commandant.

Et je me sens bête d’y avoir cru, un peu.

Ne pas y croire.

Infertile. Ce mot a été posé en août 2016. Ou plutôt « ovaires polykystiques ». Des mots, si laids, que l’échographe a refusé de m’expliquer « Vous demanderez à votre gynécologue »… Sans réponse, j’ai bien-sûr fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : je me suis jetée sur Internet pour trouver la signification de ce diagnostic. Et j’ai pleuré. J’ai compris que ça allait être compliqué. Enfin, potentiellement compliqué.

Compliqué, est ce que ça l’a été? Tout dépend du point de vue. Un an d’attente, et finalement tomber enceinte juste avant que les stimulations ovariennes ne soient mises en place, ce n’était en réalité pas si compliqué . Mais c’était dur, quand même, d’avoir perdu la légèreté de la femme qui espère tomber enceinte et qui se dit que ça peut arriver à tout moment. J’avais peur, si peur, que ça n’arrive jamais.

Un « traumatisme » qui est resté. J’étais un peu immunisée pendant ma propre grossesse, mais ensuite, les annonces de grossesse ont recommencé à me faire mal, à toucher cette corde si sensible. Je n’avais pas fait le deuil de ma fertilité : au fond de moi, je le savais : non ce ne serait pas facile pour nous. Je trouvais ça tellement injuste.

Et puis. Il y a eu cette décision, de commencer les essais pour un deuxième enfant aux 9 mois de la Merveille, afin de nous donner le temps, en espérant que l’attente serait moins angoissante si nous prenions les devants. Nous avons bien-sûr pensé à l’éventualité que « ça marche du premier coup ». 18 mois d’écart, c’est peu, mais c’est un risque que nous étions prêts à prendre. Mais au fond de nous nous n’y croyions pas du tout.

Mercredi soir, blottie dans mon canapé à regarder une série devant Netflix, j’avais presque oublié la prise de sang que ma généraliste m’avait dit de faire le matin même, alors que j’allais la voir pour une gastro. Je la trouvais bien mignonne de croire à une potentielle grossesse. Mais bon, ne rêvons pas Madame, que ça marche du premier coup, ce serait quand même fort de café. Passé 19h, je me suis dit que les résultats seraient ne seraient pas disponibles avant le lendemain, et je suis passée à autre chose (j’étais de toute façon sûre que ce serait négatif, alors bon…) Et puis j’ai reçu ce mail, à 21 h, me disant que les résultats étaient disponibles. Moi mari et moi nous sommes regardés : « allez, on regarde, comme ça on passe à autre chose ». Sauf que ce n’était pas négatif.  49,1. Un tout petit taux, mais étant donné l’avancée de mon cycle, c’était cohérent. Nous étions sidérés, aussi bien lui que moi. « Tu crois que c’est vrai? » a-t-il fini par me demander… Je n’en savais rien. Je n’avais même pas de retard de règles, c’est bien tôt pour apprendre une grossesse…

Depuis, c’est l’apnée. Le taux est passé à 166,9 vendredi. Puis à 471,7 lundi. (je ne vous parle pas des tests pipi, qui montrent bien deux barres). Belle évolution du taux entre mercredi et vendredi. Mais est-elle suffisante entre vendredi et lundi (ça va moins vite, c’est grave?)? Je n’en sais rien, il me semble que si, c’est suffisant, mais je ne suis pas experte. Et puis j’ai si peu de symptômes. (Je n’en ai quasiment pas eu pour la Merveille, mais ça ne me rassure pas pour autant.). Et surtout, je n’y crois pas. Pas vraiment. Est-ce bien moi à qui tout cela arrive?

Je sais que le chemin est encore long, que rien n’est gagné. Mais il faut bien un début à tout, et là nous sommes au début de quelque chose. Même si je n’arrive pas à le réaliser.

Pour le moment, je suis enceinte. Et j’ai du mal à y croire.

 

Suspense et boule de gomme…

Tout le monde m’avait prévenue : « tu verras, à partir du moment où la Merveille rentrera à la crèche, elle sera tout le temps malade ». On ne m’avait pas parlé du double effet kiss kool potentiel : en réalité la Merveille n’est pas malade (enfin, pas trop, elle a le nez qui coule depuis septembre et parfois un peu de fièvre mais globalement elle est plutôt résistante), mais MOI oui. Apparemment mon système immunitaire a décidé de se refaire une santé : je suis malade toutes les semaines. C’est épuisant et pas très marrant.

Depuis presque deux semaines je n’avais rien eu, mais en me mettant au lit hier soir j’avais quand même un sale arrière goût dans la bouche… Je vous passe ma nuit dans la cuvette des toilettes, la fièvre (petite certes mais bien crevante) de ce matin. Bref, j’ai une gastro… Le truc un peu bizarre, c’est que, moi qui vomit tous les 5 ans, eh bien là, c’est la deuxième fois en une quinzaine de jours. (La dernière fois ça ressemblait plus à une indigestion, même si je n’ai toujours pas trouvé l’aliment coupable…)

J’ai donc pris rendez-vous chez ma généraliste, dont une des premières questions a été : « Sinon c’est quand la date de vos dernières règles? ». Elle sait qu’on essaie depuis peu de concevoir un petit deuxième. Certes. Mais là, franchement, ça ressemble quand même bien plus à une gastro qu’à une grossesse quand même. Pour rappel, je n’ai eu aucune nausée pour la Merveille. Elle me dit qu’aucune grossesse ne ressemble à une autre… Oui, mais avoir des nausées si tôt (car si ovulation il y a eu, ça devait être autour du 4 novembre), ça me parait peu probable.

Je suis quand même repartie avec une prise de sang à faire « pour être sûrs »…et là j’attends bêtement les résultats chez moi. En me disant que de toute façon, elle arrive trop tôt cette prise de sang. Que si jamais j’étais enceinte, elle serait de toute façon bien prématurée et qu’on ne verrait pas un taux de BHCG suffisant (donc je pourrais avoir un faux négatif, c’est quand même ballot). Que cette sorte d’espoir un peu bizarre, je n’y crois pas du tout, mais je ne pense pas que ce soit très sain pour moi. Ça voudrait dire que je suis une C1… Lolilol.

Et puis en m’examinant, mon docteur a révélé une douleur à l’ovaire gauche « qu’elle n’aime pas trop ». Selon elle, si grossesse il y a, c’est peut être l’ovaire qui travaille… ou un signe de grossesse extra utérine. Joie.

Bref, gastro ou grossesse, c’est un peu mystère et boule de gomme…. Ou un suspense qui ne me plait pas vraiment…

ÉDIT :

Taux de BHCG : 49,1 . Oh God.