La moitié…

20 SA. La moitié. Nous y sommes déjà. Que le temps passe vite, depuis quelque temps… Après des semaines en apnée, jusqu’à l’échographie des 12 SA, j’ai l’impression que le temps passe désormais à toute vitesse. D’autant plus qu’avec un enfant déjà là, j’ai beaucoup moins le temps de me centrer sur cette grossesse, de lire 50 bouquins sur le sujet (pas une fois je n’ai ouvert le Laurence Pernoud pour savoir ce qu’il advenait de Piou-Piou, alors que je le lisais religieusement pour la Merveille). Pourtant, cette grossesse se manifeste plus vite : mon ventre qui s’arrondit bien vite (quand je me regarde dans la glace, j’ai l’impression d’être enceinte de 6 mois. Mais quand je vois des photos, je me rends bien compte qu’il n’est pas si gros ce ventre, tout compte fait… Bref, encore un peu de travail sur mon rapport au corps) ; je sens depuis quelque temps déjà les petits coups du bébé (et quelle magie!), alors que je les avais sentis très tard pour la Merveille ; la fatigue est omniprésente.

Car, comme pour la Merveille, la fatigue est bien là. Si tout se passe comme la première fois, c’est LE symptôme phare de mes grossesses : je suis fa-ti-guée. Mais vraiment. Même la gynécologue de l’hôpital m’a trouvé « bien pâlichone » (je ne vais pas vous mentir, je n’ai JAMAIS le teint doré. Mais là je me transforme en ectoplasme faut-il croire). Certes. Mais pour le moment, en me couchant à 21h30 et en m’octroyant quelques siestes, je m’en sors finalement plutôt bien #vismaviedemamie .

Car surtout, étonnamment, je suis beaucoup plus sereine depuis quelque temps. Sur l’écart d’âge, déjà. Qui me crispait beaucoup au début (en mode « oh mon Dieu, 18 mois c’est si peu, allons nous survivre? ». Je me rends compte que ce sont des problèmes de riches horripilants. Mais je ne pouvais pas m’empêcher d’angoisser – beaucoup – à ce sujet). Maintenant je me dis que OUI, nous allons nous en sortir. Que c’est une chance pour nos enfants. Que c’est une énorme chance pour nous, ce deuxième petit miracle qui a eu le bon goût de s’installer vite et bien.  Que la vie décide parfois, et que c’est très bien comme ça. Je me suis rarement sentie aussi chanceuse qu’en ce moment, avec mon mari extraordinaire, ma Merveille merveilleuse et si malicieuse, mon ventre qui s’arrondit, mon travail intéressant… (oui je suis en ce moment dans une phase cœur et paillettes, et je me dis qu’il faut en profiter, ce n’est pas si fréquent). Je ne me torture plus avec des centaines de questions pratiques (les 3 étages sans ascenseur pour arriver chez moi avec deux bébés par exemple), je me dis qu’on avisera le moment venu (ou que je me ferai les muscles). Comme on avait fait la première fois d’ailleurs, et on s’en était très bien sortis.

La question du sexe du bébé, qui m’a été posée environ un million de fois (non mais sérieusement, parfois je me demande, mais qu’est ce que ça peut bien leur faire aux gens, pour qu’ils posent la question aussi souvent et surtout aussi TÔT dans la grossesse??), était un petit point de blocage pour moi. Je sais, c’est mal, mais j’avais clairement une préférence. Je pense que c’est un sujet assez tabou, mais que ça arrive quand même très très souvent de se dire que, bon, à choisir, on prendrait plutôt l’un ou l’autre. Scoop : on ne choisit pas. Et depuis quelque temps, ça ne me dérange plus vraiment. Comme si cette préférence, pourtant assez forte au cours des premiers mois de grossesse, avait fini par s’envoler. Peut-être avec l’installation de cette sérénité dont je parlais, une forme de lâcher prise qui m’a fait beaucoup de bien (et sur le lâcher prise, j’ai encore bien des efforts à faire.) Fille ou garçon, je serai vraiment sincèrement heureuse dans les deux cas (ce qui doit toujours être le cas fine, mais je suis désormais sûre de ne pas ressentir une petite pointe de déception « au cas où »). La seule chose que je ne voulais pas, c’est qu’on me donne une indication du sexe sans être sûr à 100 % : BINGO, c’est exactement ce qui s’est passé : lors de ma dernière visite chez la gynécologue, Piou Piou s’est obstiné à serrer les jambes très fort. La médecin a cru voir le sexe à un moment, mais le Piou-Piou peu coopératif a décidé que le doute planerait jusqu’à la prochaine écho – dans deux semaines- et a donc recroisé les jambes presto. J’ai donc à ce stade un « indice », mais rien n’étant sûr, nous nous sommes dits que nous garderions ce secret (qui n’en est peut-être d’ailleurs pas un, puisque que nous pourrions bien avoir une surprise dans deux semaines!).

Bref, le temps est doux. J’apprécie (enfin) ma chance extraordinaire. J’espère que la seconde moitié de cette grossesse continuera sur le même fil.

Et je n’oublie pas. Celles qui se battent. Celles qui galèrent. Celles à qui la vie ne fait pas d’aussi jolis cadeaux. Je vous souhaite du plus profond de mon cœur de trouver l’apaisement,  et de réaliser vos projets (liés ou non à la maternité).

En vrac…

Mettons ça sur le dos de la fatigue, je suis incapable de penser à faire un texte bien joli bien construit… Ce seront donc des nouvelles en vrac :

  • J’ai commencé à annoncer ma grossesse. J’ai été assez surprise des réactions des gens, qui étaient tous ravis pour moi, et n’ont (presque) pas fait de remarques sur le fait que mes enfants seront très rapprochés. Enfin, on m’a quand même demandé une fois si « c’était un accident »… J’ai dégainé mon plus beau sourire, et ai expliqué que non, c’était totalement voulu. On est fifous, et surtout, ça ne regarde personne à part nous… Par ailleurs, je redoutais un peu de l’annoncer à mon travail (bon en même temps, c’est leur job de « faire avec »), sachant que 1) j’étais déjà en congé maternité il n’y a pas si longtemps, 2) une autre collègue de mon équipe est également enceinte, et notre départ à toutes les deux va poser de vrais problèmes d’organisation. Mais là encore, tout le monde a très bien réagi. Ma big boss m’a dit en souriant que c’était son boulot de gérer ce genre de situation. C’est vrai, mais ça fait du bien que ce soit eux qui nous le disent. N’étant en revanche pas partisane de crier la nouvelle sur les toits, je ne l’ai donc pas annoncé en fanfare au bureau, mais me suis faite totalement grillée au cours d’un pot de départ, mon verre de jus de fruit à la main « Ben quoi, t’es enceinte?? ». Je suis devenue toute rouge. Et j’ai dit… »euh…oui… ». Situation un peu bizarre (j’ai même hésité à dire « euh…non… », mais je me suis demandé pourquoi, je n’ai pas de raison de le cacher non plus!… tout cela en l’espace d’une demi-seconde)
  • Les RALC elles aussi ont commencé. La meilleure venant de mon amie médecin : « Tu vois, quand tu ne stresses pas, ça marche direct. Vu comme tu es angoissée, ça ne m’étonne pas que ça ait pris du temps pour la Merveille ». Et donc les OPK, je les ai inventés??? Franchement, j’ai trouvé cette remarque navrante, surtout venant d’un médecin à qui j’avais parlé de ma situation. Mais bon… j’avoue que ça me passe un peu par dessus (les circonstances étant ce qu’elles sont actuellement. Je ne l’aurais pas pris avec tant de philosophie il y a quelques mois.
  • Mon ventre est sorti d’un coup, d’un seul. Vendredi on ne voyait rien du tout, et ce lundi, impossible de le cacher sans des vêtements amples. Et malheureusement, mon rapport au corps ne semble pas avoir changé quant aux modifications de la grossesse : je n’aime pas ça. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aimerais cacher ce petit ventre encore un peu. Que ça reste notre petit secret et puis voilà.
  • Mais côté positif, j’avais oublié à quel point les femmes enceintes sont chouchoutées : ce midi au restaurant, j’ai demandé à changer un élément de l’entrée (du jambon fumé) pour cause de grossesse. J’ai eu droit à ma petite entrée spéciale à moi, et à toutes les attentions de la serveuse. Et moi, j’aime bien me faire chouchouter. Voilà.
  • Nous avons effectué un nouveau contrôle pour le CMV, histoire d’être sûrs que cette histoire n’est plus qu’un mauvais souvenir. (En gros, il fallait que les IgG, qui sont les anticorps « à long terme » restent négatifs, ce qui prouve que je n’ai pas attrapé le virus), Les résultats sont tombés : c’était bien un faux positif. Soulagement intense, surtout que dans mon entourage je connais quelqu’un qui, enceinte, l’a vraiment attrapé, et qui vit une grossesse sous très haute surveillance et vraiment stressante.
  • Nous avons trouvé un surnom au bébé : c’est Piou-piou. C’est culcul, c’est mignon, nous sommes fans!

Le problème du surnom

Ce mercredi, nous sommes allés faire l’échographie des 12 SA. Le Graal, celui qui te permet de te dire que tu as passé le délai fatidique, que tu peux commencer à souffler et à parler de ce secret que tu gardes depuis deux mois bien caché.

Nous avions rendez-vous à 14 heures à l’hôpital dans lequel je me suis inscrite pour ce petit bébé, le même que pour la Merveille. Le mail de convocation disait de se présenter 30 minutes avant pour l’enregistrement. J’ai bêtement respecté ce délai, alors que JE SAIS, pour avoir été suivie pour ma grossesse pour la Merveille là-bas, que ça ne sert à rien, qu’ils sont toujours en retard de toute façon. A 13h40, nous étions déjà dans la salle d’attente. Puis vient 14h. A 14h10, l’échographe vient chercher le couple devant nous, dont la femme a un très très gros ventre. Bon. Jusqu’ici, je ne stressais pas trop, mais là, je commence sérieusement à cogiter. Je parle nerveusement à mon mari de tout et de rien, de recettes que j’ai glanées sur Internet pour satisfaire mon obsession de cette grossesse : LES PÂTES. Mais je n’en mène pas large. Vraiment pas.

On vient enfin nous chercher vers 14h30. L’échographe me dit « ah mais nous nous sommes vues récemment » (c’était elle qui avait fait les échos T2 et T3 pour la Merveille). Je vois qu’elle hausse un peu le sourcil en calculant que cet enfant sera assez rapproché, mais elle ne fait pas de commentaire (En même temps nous sommes bien d’accords, je me contrefiche de son avis!). Elle me fait un blabla un peu sommaire sur le tri-test (alors oui, nous avons eu un enfant il n’y a pas si longtemps, mais j’aurais bien aimé qu’elle soit plus précise, même si je sais à peu près ce qu’il y a à savoir sur le sujet (surtout que la fameuse prise de sang DPNI est désormais remboursée quand ils estiment qu’il existe un risque intermédiaire)).

Et puis nous passons sur la table d’examen. Là, vraiment, je n’en mène pas large du tout. Quand elle pose la sonde sur mon ventre, j’ai deux secondes de panique : « Mais on ne voit…RIEN ». Puis il apparaît. En position verticale, le petit coquin. On entend son petit cœur qui bat. Je respire. L’échographe commence son examen… Chaque pause est une torture (mais pourquoi se tait-elle? Il y a un problème???). Comme sa grande sœur, ce petit bébé n’est pas un grand coopératif. (Et le plaisir de finir l’échographie en endovaginal…). Mais tout va bien. La clarté nucale est fine, le reste est comme il devrait être. Le soulagement est immense…

De retour devant son bureau, elle calcule la date de conception : 31 octobre, soit 5 jours avant la première estimation. Je fronce les sourcils : hum, Docteur, euh…non… (Déjà, de où j’ai des cycles où j’ovule à J12? Surtout, techniquement, ce n’est pas possible. Et puis pour des raisons administrativo-administratives sur le calcul du congé maternité, ça ne m’arrange pas du tout : je préfère gratter quelques jours en plus une fois le bébé né plutôt qu’avant.) Mais elle n’en démord pas, et remplit la déclaration de grossesse en ce sens. Grrr. Je ne sais pas pourquoi, mais ça me contrarie beaucoup. (Ma mission du jour est donc de convaincre ma gynéco de ville de me faire une autre déclaration de grossesse et de me noter une date de conception un peu plus « sympa ». Niark niark).

Avec tout ça, je ne vous ai pas expliqué le problème du surnom : nous avons appelé la Merveille « Couscous » jusqu’à l’écho T2 où nous avons connu le sexe. Parce qu’au tout début, quand mon mari se penchait sur mon ventre pour lui dire de s’accrocher, je lui avais fait la remarque « tu sais, ce bébé a la taille d’un grain de couscous pour le moment ». Le surnom était resté, et nous on trouvait ça super mignon.

Avec cette deuxième grossesse, nous avons appris que j’étais enceinte dans des circonstances quelque peu rocambolesques (rappelons que j’étais allée chez mon médecin pour une gastro, et que j’étais ressortie avec une prise de sang BCHG). On s’est dits qu’il fallait lui trouver un surnom, à ce petit être encore plus minuscule que notre Couscous (j’ai appris ma grossesse très tôt du coup, avant même un retard de règles). J’avais dit en rigolant à mon mari « Microbe ». Au vu des circonstances, c’était assez approprié, on trouvait ça drôle.

Et puis fin novembre, nous avons eu une grosse frayeur : on pensait que j’avais attrapé le CMV. Le surnom ne nous paraissait plus drôle du tout. S’en sont suivis 15 jours affreux de stress.  Finalement tout va bien, mais disons que le surnom reste toujours un peu inapproprié depuis. Mais nous n’en avons pas trouvé d’autre. Un truc mignon et rigolo, pas trop gnangnan… Mon mari m’a suggéré « Pil-Pil » (rapport au Couscous), mais je trouve ça quand même moins bien.

Mais bon, on a pas de surnom, mais un petit bébé miracle au creux de mon ventre. C’est déjà pas mal.

 

 

Les paradoxes

Comme tout le monde, j’en ai plein.

Il y en a toutefois un que je n’avais pas vu venir.

Je me rappelle de ces filles qui « tombaient enceinte du premier coup » et qui s’en plaignaient autour de moi. « C’est allé trop vite », « je n’étais pas prête »… Je grinçais des dents/les insultais intérieurement/me retenais de les étrangler. Comment pouvaient-elles ne pas apprécier leur chance?? Si elles savaient… La souffrance de l’attente, la peur de ne jamais devenir mère, les rendez-vous médicaux où on a l’impression que rien n’avance, les rendez-vous où on cherche, ceux où on trouve, ceux où on ne sait plus si c’est une bonne nouvelle d’avoir trouvé ou non… Je trouvais la vie profondément injuste, je leur en voulais de ne pas réaliser leur chance.

Il y a aussi cette copine qui ne s’en plaignait pas, mais qui en parlait tout le temps… « tu sais pour A, ça a marché tout de suite, alors je ne peux pas comprendre ce que c’est d’attendre. » Vraiment, elle insistait. Pas méchamment, mais j’avais quand même envie de lui dire que c’est bon, on avait compris qu’elle était très fertile, merci bien. Elle est d’ailleurs enceinte de son deuxième, et, devinez quoi… « Oui, ça a encore marché du premier coup. Je sais, c’est dégueulasse ». Et boum, prends toi ça dans la face. Elle s’adresse à moi, elle sait très bien que nous avons mis du temps avant de concevoir la Merveille… Sur le coup, sa remarque m’a fait l’effet d’un coup de poing dans le ventre.

Bref, JAMAIS je n’aurais pensé me retrouver dans la situation d’une « C1 ». Sincèrement. J’ai bien vu qu’après l’accouchement, des cycles normaux étaient revenus, mais ma gynécologue m’avait bien dit que ça ne voulait pas forcément dire que c’en était fini avec les ovaires polykistiques, et que d’ailleurs « il y a encore du monde là dedans » (c’est à dire que mes ovaires sont remplis de follicules qui n’arrivent pas forcément à maturation. Et s’ils le font, ça ne veut pas dire que l’ovulation est de qualité). Nous espérions forcément qu’un bébé s’installerait plus vite que la Merveille, mais je me disais qu’au mieux, avec miracle, invocations vaudoues, et coup de chance inouï, on pouvait compter sur au minimum trois cycles avant de voir un + apparaître… D’où des essais tôt après la naissance de la Merveille. Je me disais qu’un écart de deux ans, c’était pas mal, un peu plus, un peu moins…

Et puis. La vie. Qui ne nous laisse rien prévoir, rien anticiper. Je ne serai bien-sûr rassurée sur cette grossesse qu’après l’échographie du premier trimestre, mais, pour le moment, on peut dire que je suis une C1. Et d’un coup, j’ai compris. J’ai ressenti moi aussi ces sentiments de « oulala, mais je n’avais pas prévu ça comme ça. C’est rapide. Très rapide. (Trop rapide?) ». J’ai paniqué… Comment gérer deux enfants de 18 mois d’écart? Allons-nous y arriver? Je me pose d’ailleurs encore la question. J’ai calculé : c’est prévu pour début août. Alors OUI, je sais que le luxe de choisir le mois de naissance, c’est n’importe quoi, mais je m’étais toujours dit que les « pires » (entendons-nous bien, mieux vaut naître dans tous les cas) mois de naissance, ce sont janvier et juillet-août. Bingo. Et il y a les calculs beaucoup plus terre à terre : financièrement, est-ce que ça ne va pas trop être galère? Allons-nous tous tenir dans notre appartement parisien? (des questions que j’aurais pu me poser avant, certes).

J’ai aussi peur du jugement des gens, même si je sais très bien que je ne devrais pas. Un écart de deux ans est socialement acceptable. Un écart de 18 mois, tout le monde se demande si c’est « un accident », y va de son petit « oh mes pauvres, ça va être galère ». Je ne suis pas confrontée pour le moment à ce genre de remarques, mais je sais que dès que la grossesse sera officielle, chacun ira de son petit commentaire.

Je suis bien sûr, aussi, très heureuse. De porter la vie à nouveau. De pouvoir passer à autre chose, alors que je n’arrivais pas à faire le deuil de ma fertilité (j’avais très très peur de ne pas arriver à tomber enceinte pour un deuxième, alors que la première grossesse me paraissait déjà miraculeuse). De me dire que mes enfants pourront avoir une complicité immense en raison de leurs âges rapprochés. De me dire que j’ai une chance extraordinaire.

Mais les autres émotions, que je ne peux m’empêcher de ressentir, parce que je suis simplement humaine, restent quand même en toile de fond.

Je me dis que je suis devenue la pét***** d’autres, voire la grosse pét**** (genre la meuf infertile qui a DEUX grossesses miracle.) Je l’aurais détestée direct.

Pétrie de paradoxes, en v’la un de plus donc.

Les fêtes

Je n’aurais jamais pensé être dans cette situation, pour moult raisons, mais j’ai passé mon deuxième Noël enceinte d’affilée cette année. Mais alors qu’en 2017, j’étais enceinte jusqu’au cou et que je trimbalais mon ventre de baleine ostensiblement, cette année il a fallu la jouer fine… alors que les fêtes sont minées de pièges à femme enceinte.

Je crois que je m’en suis plutôt bien tirée. Bon, il faut avouer que je ne suis pas hyper stressée niveau alimentation.Ce sujet étant ultra sensible, je précise que ces propos n’engagent absolument que moi, que je ne suis pas totalement inconsciente et me suis donc renseignée sur le sujet auprès de médecins, et que, finalement, ce sont MES choix, je suis assez grande pour les assumer.

Je sais qu’il y a débat sur le foie gras, mais pour moi, s’il a été cuit et stérilisé, j’estime que c’est ok. A moi donc les toasts de foie gras au pain d’épice! (par contre, j’ai passé sur le mi-cuit proposé chez ma mère… qui a lourdement insisté « oui, elle ne peut pas en manger »… bref, grâce à sa discrétion légendaire, mon frère -enfin, sa femme- a fini par comprendre).

Je me suis accordée une gorgée de champagne à Noël, et même une petite coupe au nouvel an (pas taper hein! j’ai parlé avec mon père médecin de la question, il m’a expliqué que les consignes très strictes sur l’alcool, c’est parce que toutes les femmes n’ont pas la même notion de ce qu’est « un peu d’alcool » – ce que, entre nous, je trouve hyper paternaliste de la part du monde médical- Cette information m’a également été confirmée par mon endocrinologue, qui m’a assurée qu’un demi-verre de vin toutes les 2 semaines n’avait aucun impact. Je précise que je suis bien loin de m’accorder ces quantités d’alcool!) .

Pour le reste, adieu le saumon fumé (snif), les charcuts et fromages qui puent (alors que Dieu sait que je voue un culte au Saint Nectaire et au fromages bleus en général)… Comme chez mon beau-père, le repas est servi sous forme de buffet, c’était assez facile d’esquiver les pièges. En revanche, chez ma mère (toujours), dur de zapper le dîner au super saumon fumé rapporté par mon frère… Étant donné qu’il avait déjà compris, j’ai pu discrètement me bourrer de blinis au tzatziki et refiler discrètement les tranches de saumon à mon mari.

Ce que je redoutais le plus était finalement le réveillon du nouvel an… Et finalement, je ne pense ne pas trop m’être fait griller! Une femme enceinte « officielle » était parmi nous, le repas était donc prévu « femme enceinte compatible » (du saumon fumé, oui, mais de chez Picard : la surgélation industrielle, plus froide que la simple congélation maison, permet de tuer les bactéries responsables de la listériose et de la toxoplasmose, du fromage au lait pasteurisé, un dessert sans œufs crus). Tout ça et ma petite coupe de champagne (toujours pas taper hein, je parle de la même que tout à l’heure!) ont permis de faire illusion. Certains doivent peut-être se douter de quelque chose, mais ainsi que le dit mon mari, on a l’avantage de la rapidité, les gens doivent se dire que je ne dois pas être enceinte SI tôt après la Merveille.

Bref, j’ai survécu aux fêtes, sans que notre petit secret ne soit (trop) révélé (je vous rappelle que mon frère et sa femme ont compris). Bientôt l’écho du premier trimestre… J’avoue que j’ai hâte et que j’appréhende un peu (cette histoire de menace de CMV reste encore présente. Je sais que la menace est écartée pour les médecins …et si l’écho révélait une anomalie quand même?…)

Marcher sur des œufs

J’ai longtemps hésité à écrire la suite… L’issue de cette prise de sang de contrôle à la sérologie du CMV était déterminante, mais je ne savais pas si j’aurais la force de la partager.

Ce « petit positif » m’a beaucoup ébranlée. Après deux jours de sidération et de déni, j’ai réalisé. Que peut-être l’enfant que je portais ne serait pas en bonne santé. Que peut-être nous serions confrontés à une décision terrible. Cette éventualité est toujours une possibilité, dans n’importe quelle grossesse, j’en suis bien consciente, mais là, elle prenait vraiment forme. J’ai parcouru des pages et des pages sur le Net, pour en arriver à cette conclusion : attraper le CMV en début de grossesse, ça craint. Il y a débat sur le taux de risque de transmission au fœtus, mais les malformations les plus graves sont celles dont les mères ont contracté le virus en début de grossesse.

Et puis j’ai eu des discours médicaux radicalement opposés : une gynécologue très très rassurante, qui m’a redonné confiance ; puis, le jour suivant, une médecin généraliste totalement catastrophiste, qui m’a parlé de la possibilité d’interrompre la grossesse (précocement donc. Avant les 14 SA. Dans le délai de l’IVG), qui m’a complètement paniquée. Cette épée de Damoclès m’a fait me remettre en question d’une façon que je n’aurais jamais imaginé. Me faire me poser des questions, et surtout, en arriver à des conclusions qui m’ont beaucoup secouée. Je changeais d’avis tous les jours, je m’endormais avec la boule au ventre. Cette période a été dure, j’avais l’impression de ne plus savoir qui j’étais, quelles étaient mes valeurs… C’était si dur, aussi, de me dire, que je portais peut-être le poison qui allait faire du mal à mon futur enfant…

Dans tout ça, j’ai quand même essayé de mettre en place des outils pour respirer : ce podcast en particulier, m’a fait un bien fou. Je ne suis pas très « travail sur soi » tout ça tout ça, mais, vraiment, je dois dire que j’aurais encore plus mal vécu l’attente de la deuxième prise de sang sans ces conseils.

Le 7 décembre, le cœur au bord des larmes, je suis allée faire la prise de sang de contrôle. Celle qui devait confirmer une infection au CMV, ou la thèse du faux positif. Par chance, je suis tombée sur la biologiste qui avait analysé mes premiers résultats. Elle a été d’une grande douceur, m’a rassurée, m’a dit qu’elle croisait les doigts pour moi. C’était peu, mais ça m’a fait du bien. Je devais téléphoner au laboratoire à 17 heures pour avoir les premiers résultats (dans tous les cas, mon dossier serait envoyé à un autre laboratoire pour un contrôle). Je vous passe les vingt minutes à attendre, le cœur battant, que quelqu’un veuille bien décrocher. Et puis, enfin. On me passe la biologiste. « Madame? » »Oui? » »Tout indique que c’est un faux positif ». Je n’arrivais pas à y croire. Je lui ai demandé plusieurs fois si elle était sûre.

Malgré cette très bonne nouvelle, j’ai mis beaucoup de temps à réaliser. J’ai eu aujourd’hui les résultats définitifs, où il est écrit noir sur blanc que la « persistance du faible taux d’IgM entre les deux prélèvements est vraisemblablement due à une interférence » (= faux positif). Je rerespire enfin. Et puis, je me rends compte que rien n’est totalement acquis. Cette grossesse est encore si neuve. Je me sens coupable des pensées que j’ai pu avoir au début du mois de décembre. J’ai toujours peur d’une éventuelle fausse couche, même si rien ne la laisse présager.

Au fond de moi, j’ai envie d’y croire. De me dire que ce petit loustic est un dur à cuire, un vrai.

Mais, tout de même, je continue à marcher sur des œufs. Encore un peu.

Montagnes russes.

Le 14 novembre, j’ai cligné des yeux plusieurs fois sur mon écran. J’étais enceinte. Pas beaucoup, mais je l’étais.

Je suis retournée faire des prises de sang. Trop. Plusieurs médecins m’ont dit que c’était plus générateur de stress qu’autre chose, que ça ne servait à rien. Lundi dernier, le 19 novembre, le taux BHCG était à 471. J’y suis retournée vendredi, pour ce fameux bilan de début de grossesse. Et donc, le 23 novembre, on m’a annoncé au téléphone que le taux était à 1132. Il n’avait pas doublé toutes les 48h. Ni toutes les 72 heures d’ailleurs. J’ai pleuré, je m’en suis voulu d’y avoir cru.

Hier matin, je suis retournée au laboratoire. Je voulais avoir la confirmation que cette histoire se finissait. Le taux de 1132 m’ayant été communiqué oralement, j’ai demandé à ce qu’on me le répète, avec l’espoir fou que j’avais mal entendu, qu’il s’agissait en réalité de 2132. Bien-sûr, j’avais bien entendu la première fois. La secrétaire m’a toutefois imprimé les résultats de mes examens de vendredi disponibles pour le moment, pour que je puisse en prendre connaissance. Dans la foulée, je suis allée faire cette dernière prise de sang BCHG. La dernière, quels que soient les résultats, je me suis dit qu’il fallait arrêter, maintenant.

En attendant que les résultats tombent, j’ai regardé le reste du bilan de vendredi. Vite, la première fois, il n’y avait rien à signaler. Puis, plus calmement, j’ai réépluché le compte rendu. Et là, la bonne blague : Cytomégalovirus – sérologie IgG/IgM : IgM positif. Pas de beaucoup. Mais au-dessus du seuil. Le compte-rendu indique que ce « profil sérologique » peut correspondre à plusieurs situation : une phase précoce de primo infection au CMV ; ou une fausse réaction positive pour les IgM due à une interférence. Des examens complémentaires sont en cours. Pour dire quoi? Je n’en sais trop rien.

Dans l’après-midi, je reçois les résultats de la prise de sang de hier matin, le 26 novembre : 3799,2.

Je suis toujours enceinte. Le taux a doublé cette fois-ci (Je n’y comprends pas grand chose : ça veut dire quoi, un taux qui ralentit, puis reprend du poil de la bête? Finalement tout va bien?). Mais j’ai peut-être contracté le CMV. Ou peut-être pas, car en cas d’infection, les IgG aussi doivent être positifs, ce qui n’est pas le cas. Donc soit je viens tout juste de l’attraper, et c’est bien ma veine. Soit non, c’est un faux positif, et tout va bien.

Dans tout ça, je ne sais pas s’il faut me réjouir, pleurer, ne rien faire. (J’ai choisi l’option 3 : je suis trop sidérée par ces rebondissements dont je me serais bien passée.)

J’attends. Apparemment, c’est la seule chose à faire. Attendre une échographie, pour voir si finalement l’embryon s’accroche bien, si je peux m’autoriser à y (re)croire. Attendre une nouvelle prise de sang, pour savoir ce que signifient ces résultats qui ne veulent rien dire. En croisant les doigts pour que ce ne soit pas ce fichu CMV.

Le temps va me paraître bien long.

Y avoir cru.

Hier soir, enfin, je me suis autorisée à y croire. Je me disais que 18 mois c’était un bel écart d’âge. Qu’il fallait accueillir ce petit miracle. Que tout irait bien,

Ce matin, c’est presque confiante que je suis allée faire ma prise de sang. La dernière avant le rendez-vous chez le gynéco. Une prise de sang « bilan début de grossesse », avec tout plein d’analyses. La secrétaire m’a annoncé que les résultats seraient disponibles en début de semaine prochaine, mais que je pouvais téléphoner pour avoir les résultats du BHCG dans l’après midi.

Vers 16 heures, je saisis mon téléphone et je compose le numéro du laboratoire. J’ai du les rappeler deux fois, car l’attente étant trop longue, ça raccrochait automatiquement. Finalement quelqu’un me répond. Je communique mes identifiants, et la secrétaire m’annonce, guillerette : 1132. Oh. Elle me précise « c’est positif ». Je n’ai pas osé dire que oui, mais pas assez. Mon taux a doublé en quatre jours alors qu’il aurait dû quadrupler.

Les carottes sont cuites mon commandant.

Et je me sens bête d’y avoir cru, un peu.

Ne pas y croire.

Infertile. Ce mot a été posé en août 2016. Ou plutôt « ovaires polykystiques ». Des mots, si laids, que l’échographe a refusé de m’expliquer « Vous demanderez à votre gynécologue »… Sans réponse, j’ai bien-sûr fait tout ce qu’il ne fallait pas faire : je me suis jetée sur Internet pour trouver la signification de ce diagnostic. Et j’ai pleuré. J’ai compris que ça allait être compliqué. Enfin, potentiellement compliqué.

Compliqué, est ce que ça l’a été? Tout dépend du point de vue. Un an d’attente, et finalement tomber enceinte juste avant que les stimulations ovariennes ne soient mises en place, ce n’était en réalité pas si compliqué . Mais c’était dur, quand même, d’avoir perdu la légèreté de la femme qui espère tomber enceinte et qui se dit que ça peut arriver à tout moment. J’avais peur, si peur, que ça n’arrive jamais.

Un « traumatisme » qui est resté. J’étais un peu immunisée pendant ma propre grossesse, mais ensuite, les annonces de grossesse ont recommencé à me faire mal, à toucher cette corde si sensible. Je n’avais pas fait le deuil de ma fertilité : au fond de moi, je le savais : non ce ne serait pas facile pour nous. Je trouvais ça tellement injuste.

Et puis. Il y a eu cette décision, de commencer les essais pour un deuxième enfant aux 9 mois de la Merveille, afin de nous donner le temps, en espérant que l’attente serait moins angoissante si nous prenions les devants. Nous avons bien-sûr pensé à l’éventualité que « ça marche du premier coup ». 18 mois d’écart, c’est peu, mais c’est un risque que nous étions prêts à prendre. Mais au fond de nous nous n’y croyions pas du tout.

Mercredi soir, blottie dans mon canapé à regarder une série devant Netflix, j’avais presque oublié la prise de sang que ma généraliste m’avait dit de faire le matin même, alors que j’allais la voir pour une gastro. Je la trouvais bien mignonne de croire à une potentielle grossesse. Mais bon, ne rêvons pas Madame, que ça marche du premier coup, ce serait quand même fort de café. Passé 19h, je me suis dit que les résultats seraient ne seraient pas disponibles avant le lendemain, et je suis passée à autre chose (j’étais de toute façon sûre que ce serait négatif, alors bon…) Et puis j’ai reçu ce mail, à 21 h, me disant que les résultats étaient disponibles. Moi mari et moi nous sommes regardés : « allez, on regarde, comme ça on passe à autre chose ». Sauf que ce n’était pas négatif.  49,1. Un tout petit taux, mais étant donné l’avancée de mon cycle, c’était cohérent. Nous étions sidérés, aussi bien lui que moi. « Tu crois que c’est vrai? » a-t-il fini par me demander… Je n’en savais rien. Je n’avais même pas de retard de règles, c’est bien tôt pour apprendre une grossesse…

Depuis, c’est l’apnée. Le taux est passé à 166,9 vendredi. Puis à 471,7 lundi. (je ne vous parle pas des tests pipi, qui montrent bien deux barres). Belle évolution du taux entre mercredi et vendredi. Mais est-elle suffisante entre vendredi et lundi (ça va moins vite, c’est grave?)? Je n’en sais rien, il me semble que si, c’est suffisant, mais je ne suis pas experte. Et puis j’ai si peu de symptômes. (Je n’en ai quasiment pas eu pour la Merveille, mais ça ne me rassure pas pour autant.). Et surtout, je n’y crois pas. Pas vraiment. Est-ce bien moi à qui tout cela arrive?

Je sais que le chemin est encore long, que rien n’est gagné. Mais il faut bien un début à tout, et là nous sommes au début de quelque chose. Même si je n’arrive pas à le réaliser.

Pour le moment, je suis enceinte. Et j’ai du mal à y croire.

 

Suspense et boule de gomme…

Tout le monde m’avait prévenue : « tu verras, à partir du moment où la Merveille rentrera à la crèche, elle sera tout le temps malade ». On ne m’avait pas parlé du double effet kiss kool potentiel : en réalité la Merveille n’est pas malade (enfin, pas trop, elle a le nez qui coule depuis septembre et parfois un peu de fièvre mais globalement elle est plutôt résistante), mais MOI oui. Apparemment mon système immunitaire a décidé de se refaire une santé : je suis malade toutes les semaines. C’est épuisant et pas très marrant.

Depuis presque deux semaines je n’avais rien eu, mais en me mettant au lit hier soir j’avais quand même un sale arrière goût dans la bouche… Je vous passe ma nuit dans la cuvette des toilettes, la fièvre (petite certes mais bien crevante) de ce matin. Bref, j’ai une gastro… Le truc un peu bizarre, c’est que, moi qui vomit tous les 5 ans, eh bien là, c’est la deuxième fois en une quinzaine de jours. (La dernière fois ça ressemblait plus à une indigestion, même si je n’ai toujours pas trouvé l’aliment coupable…)

J’ai donc pris rendez-vous chez ma généraliste, dont une des premières questions a été : « Sinon c’est quand la date de vos dernières règles? ». Elle sait qu’on essaie depuis peu de concevoir un petit deuxième. Certes. Mais là, franchement, ça ressemble quand même bien plus à une gastro qu’à une grossesse quand même. Pour rappel, je n’ai eu aucune nausée pour la Merveille. Elle me dit qu’aucune grossesse ne ressemble à une autre… Oui, mais avoir des nausées si tôt (car si ovulation il y a eu, ça devait être autour du 4 novembre), ça me parait peu probable.

Je suis quand même repartie avec une prise de sang à faire « pour être sûrs »…et là j’attends bêtement les résultats chez moi. En me disant que de toute façon, elle arrive trop tôt cette prise de sang. Que si jamais j’étais enceinte, elle serait de toute façon bien prématurée et qu’on ne verrait pas un taux de BHCG suffisant (donc je pourrais avoir un faux négatif, c’est quand même ballot). Que cette sorte d’espoir un peu bizarre, je n’y crois pas du tout, mais je ne pense pas que ce soit très sain pour moi. Ça voudrait dire que je suis une C1… Lolilol.

Et puis en m’examinant, mon docteur a révélé une douleur à l’ovaire gauche « qu’elle n’aime pas trop ». Selon elle, si grossesse il y a, c’est peut être l’ovaire qui travaille… ou un signe de grossesse extra utérine. Joie.

Bref, gastro ou grossesse, c’est un peu mystère et boule de gomme…. Ou un suspense qui ne me plait pas vraiment…

ÉDIT :

Taux de BHCG : 49,1 . Oh God.